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Suicides des hommes : le grand silence

Un matin, à l'heure du petit déjeuner, j'écoutais la radio. Journal, succession des nouvelles, présentation d'un nouveau sujet :...

Suicides des hommes : le grand silence

Un matin, à l'heure du petit déjeuner, j'écoutais la radio.
Journal, succession des nouvelles, présentation d'un nouveau sujet : les taux de suicides en 2019. 
Les hommes trois fois plus nombreux que les femmes à mettre fin à leurs jours. 
J'ai lâché ma tartine.
Trois fois plus nombreux.
Le saviez-vous ?
Pas moi. Créatrice d'un blog consacré à débusquer les idées reçues sur les hommes et les femmes.
J'étais mortifiée.

J'ai creusé la question. 
Simple, la réponse.
Les mecs se suicident en nombre, mais personne - ou pas grand-monde - ne le sait, ou ne veut le savoir.
Ce qui contribue à entretenir la grande forme des clichés sur la masculinité (et la féminité). Ils vont très bien, merci pour eux.

 

Ecriture inclusive, machine à exclure

A quoi sert l'écriture inclusive ?

A sauver le monde, ou presque. 
Plus précisément à : 
contribuer à l'égalité hommes-femmes (oups, femmes-hommes), rééquilibrer la représentation des femmes, rétablir la parité dans l'écriture, la place du féminin dans la langue française etc.

Vaste et beau programme, reluisant de bonnes intentions.  
Comme l'enfer.

Aïe. A ce stade, vous voyez venir les critiques acerbes.
Vous avez raison.
Autant le préciser immédiatement, les récriminations se concentreront sur le procédé du point dit médian (ou point milieu), efficace machine à exclure.

Dénommer les meurtres conjugaux "féminicides", un faux progrès


Ne parlez plus de meurtre conjugal ! Et surtout pas de drame familial !
Dites : "féminicide"!
Botte secrète, incantation salvatrice, arme ultime.
De combat contre les meurtres de femmes par leur conjoint, de lutte contre les violences faites aux femmes.
Beau programme.

Sauf que la belle idée pourrait bien constituer un faux progrès, entaché de vrais problèmes.
Sa définition fumeuse, son utilité douteuse, sans parler de ses effets négatifs, y compris pour...les femmes.


Violences intrafamiliales, ou l'assimilation des femmes aux enfants

Violences dites intrafamiliales, ou familiales, ou domestiques : à intervalles réguliers, elles reviennent dans l'actualité.
Cette triste réalité est supposée concerner adultes et enfants.
"Adultes" : la catégorie devrait être inclusive, englober hommes ou femmes, maltraitants ou maltraités.

Les discours dominants autour des violences familiales nous serinent une autre chanson.
Des couplets sur les " femmes et enfants" maltraités. Les membres de la famille faibles, dominés.
Devinez l'identité des maltraitants ? Des adultes, du seul genre masculin, bien sûr.
Les membres de la famille forts et dominateurs, bien sûr.

Sauf que cette présentation n'est pas seulement simple.
Elle est surtout simpliste, surtout inexacte. Et sexiste.


Pédophilie/inceste : la récupération "féministe"

Le problème de la pédophilie revient à intervalles réguliers sous les projecteurs médiatiques.
A l'occasion, par exemple, d'un nouveau scandale dans tel ou tel milieu professionnel, d'un procès, d'un film, de la parution d'un livre de témoignage..

Il est nécessaire de briser l'omerta sur ce type d'agressions sexuelles, sans oublier le sujet - distinct mais voisin - de l'inceste. Il importe de protéger les enfants.

Mais trop souvent, cette indispensable lutte contre les violences faites aux enfants subit une annexion par le thème de la domination masculine sur les femmes,.
Une récupération "féministe" qui oublie sans vergogne qu'il s'agit d'abus commis par des adultes à l'encontre d'enfants des deux sexes.


Lieux d'accueil pour hommes battus...à l'étranger



Dans de précédents articles, je me suis risquée à mettre les pieds dans le plat :
(Presque) tout le monde confond violences conjugales et violences faites aux femmes. Et (presque) tout le monde se trompe.
Ou s'en fiche. Ou ne veut pas savoir.
Il n'empêche : environ un quart des victimes de ces violences (psychologiques/physiques) sont masculines.
Ce n'est pas moi qui le dit.
Mais des grosses machines officielles genre INSEE ou Observatoire National de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP). Sans oublier le Haut Conseil à l'égalité hommes-femmes...

Un quart, ce n'est pas une minorité négligeable.
Mais négligée.
Des lieux d'accueil, de consultation ? Des refuges ? Où donc ?


Lieux d'accueil pour les victimes masculines de violences conjugales: le grand désert français...

 


En matière de violences conjugales, dans notre pays, des structures d'hébergements prennent en charge des hommes. Par exemple à Arras, Besançon, Rennes, Rouen.
A qui s'adressent ces dispositifs ? Aux auteurs de violence conjugale. Aux hommes agresseurs.
Ces centres sont d'ailleurs efficaces et nécessaires, en particulier pour prévenir les récidives. Les pouvoirs publics envisagent leur développement.

Et les hommes victimes ?
Ne vous fatiguez pas à chercher des dispositifs pour leur accueil en France.
Vous pouvez arpenter les moteurs de recherche de long en large, de bas en haut, en commençant par le plus célèbre d'entre eux.
Rien A Signaler.

"Penser la violence des femmes" : un livre contre les stéréotypes


"Penser la violence des femmes" :

Titre d'un ouvrage collectif et interdisciplinaire (histoire, sociologie, littérature, anthropologie...) réalisé sous la direction de Caroline Cardi et Geneviève Pruvost, sociologues, universitaires, chercheuses (éditions La Découverte, 2012, 2017).


extranet editis




La violence de qui ? Des femmes ? Impensable !

Dès la préface, l'ouvrage constate cet "étonnement qui saisit le monde à l'annonce de toute violence exercée par le sexe féminin" (p.11).
Et nous invite, précisément, à y "penser" :
Pour "considérer les femmes hors de la cage de la domination", les "voir comme actrices volontaires de leur destin, fût-il violent" (p. 10).
Pour envisager autrement la différence des sexes, sortir des "catégories binaires", s'interroger sur "la reproduction de stéréotypes sur la violence" (p. 16).